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Impôt sur la retraite : tout savoir !

Mis à jour le 09/03/2022

Vous prenez votre retraite et vous souhaitez tout savoir sur la fiscalité appliquée à la pension que vous allez percevoir. Cet article est conçu pour répondre à l'ensemble des questions que vous vous posez.

Imposition retraite fiscalité


Impôt sur l'indemnité de départ en retraite

Lors d'un départ en retraite volontaire ou imposé par l'employeur, le salarié peut percevoir une indemnité de retraite légale ou conventionnelle. Le traitement fiscal de cette indemnité varie en fonction des conditions de votre départ.

Départ en retraite volontaire : comment est imposée l'indemnité ?

Dans le cadre d’un départ à la retraite volontaire, les indemnités sont imposables dans leur totalité au même titre qu'un traitement ou salaire. Elles sont également soumises aux cotisations (sécurité sociale, CSG et CRDS), sauf si ce départ se fait dans le cadre d'un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) instauré par l'entreprise.

Si vous avez plus de 10 ans d’ancienneté dans votre entreprise, vous bénéficiez d’une indemnité minimum de départ, calculée en montant brut et qui dépend de votre ancienneté. Légalement, son montant minimal est de :

  • 1/2 mois de salaire après 10 ans ;
  • 1 mois de salaire après 15 ans ;
  • 1 mois et demi de salaire après 20 ans ;
  • 2 mois de salaire après 30 ans.

Il peut être prévu une indemnité supérieure au montant légal : renseignez-vous auprès de votre employeur.

En cas de départ dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, les indemnités versées par votre employeur sont totalement exonérées.

Mise à la retraite par l'employeur : quel est le montant plafond pour une exonération de l'indemnité de départ ?

En cas de mise à la retraite par l’employeur, l'indemnité de retraite est exonérée d'impôt si elle n’est pas supérieure au minimum prévu par la loi ou le montant indiqué dans la convention ou l'accord collectif de branche.

Et vous toucherez au minimum :

  • 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années ;
  • 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté à partir de la 11e année.

Si cette indemnité est supérieure aux montants plafond prévus par la loi ou l’accord collectif, elle peut toutefois demeurer exonérée d’impôts sur le revenu si elle ne dépasse pas l’un des deux montants suivants :

  • Deux fois le montant de la rémunération brute annuelle perçue l’année qui précède votre départ en retraite, dans une limite de 205 680 € pour les indemnités perçues en 2020.
  • Ou 50 % du montant de l’indemnité perçue dans la même limite que ci-dessus.

C'est le montant le plus avantageux qui sera pris en compte.

Les cotisations sociales sont appliquées de la façon suivante :

  • Si l’indemnité de retraite est inférieure à 411 360 €, elle est exonérée de cotisations de la sécurité sociale sur le montant inférieur à 82 272 €.
  • Si l’indemnité est supérieure à 411 360 €, la part inférieure à 82 272 € est exonérée de CSG et de CRDS et au-delà de cette part, elle sera intégralement soumise à la CSG et CRDS sans l’abattement de 1,75 %.
Lire aussi : Prélèvements et charges sur la retraite en 2022

Prélèvement à la source : quel est le taux d'imposition sur la pension d'un retraité ?

Depuis le 1er janvier 2019, les pensions de retraite sont versées aux bénéficiaires après prélèvement de l’impôt à la source. Ce sont les caisses de retraite qui sont chargées d’effectuer ce prélèvement à la source, en fonction d’un taux d’imposition du contribuable transmis par l'administration fiscale.

Ce taux est appliqué après calcul du montant imposable de votre retraite (montant brut + avantages imposables, déduction faite de la part de CSG déductible).

Les revenus à la retraite ont généralement diminués par rapport aux revenus que vous touchiez en activité. Dès votre départ en retraite, il est conseillé d’actualiser votre taux de prélèvement directement en ligne sur votre espace personnel, sur le site des impôts. Si ce n’est pas fait, vous devrez attendre le mois de septembre de l'année suivante pour que ce taux de prélèvement soit adapté à votre nouvelle situation.

Déduction d'impôt, abattement et exonération sur la retraite

Tous les retraités ont droit à une déduction forfaitaire de 10 %. Pour les revenus de l'année 2021 (déclarés en 2022), cet abattement est plafonné à 3 912 € pour l'ensemble des membres du foyer fiscal.

Certaines prestations, allocations ou pensions de vieillesse sont totalement exonérées. Parmi celles-ci on peut citer :

  • L’allocation personnalisée d'autonomie, l'allocation de solidarité aux personnes âgées (AVTS), l'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) et celle du minimum vieillesse ;
  • Les pensions de vieillesse allouées par la Sécurité sociale et dont le montant ne dépasse pas celui de l'allocation aux vieux travailleurs salariés (AVTS) sous conditions de ressources ;
  • Certaines pensions militaires, de guerre ou assimilées.

Calcul et simulation des impôts à la retraite

Le site en ligne, Service public.fr met à votre disposition un simulateur de calcul des impôts. Cet outil prend en compte vos pensions de retraite, mais aussi d'autres revenus (fonciers, gains de cessions de valeurs mobilières, par exemple). Il vous permet également de déduire vos charges comme d'éventuelles pensions alimentaires, dons aux œuvres, etc.

La pension de réversion est-elle imposable ou non ?

En effet, la pension de réversion est imposable quel que soit le régime de retraite de base ou complémentaire qui vous la verse. Vous devez la déclarer à l'administration fiscale au même titre que les revenus ou une pension de retraite "classique". En revanche, comme les pensions de retraites, les pensions de réversion bénéficient d'un abattement de 10 % avec un montant d'abattement minimum de 393 € et un montant maximum de 3 850 €. Votre caisse de retraite va déduire les prélèvements sociaux avant de vous verser votre somme mensuelle.

Lire aussi : Podcast pension de réversion : calcul, plafond, conditions, comment la demander ?

Bien préparer sa retraite : épargne retraite et contrat d'épargne supplémentaire

Une retraite doit s'anticiper pour éviter de se retrouver avec une baisse trop importante de ses revenus. En effet, les régimes de retraite obligatoire de base et complémentaire sont mis en difficulté en raison du vieillissement de la population. C'est pourquoi il est fortement conseillé de commencer à épargner dès le début de sa carrière. Avec la loi PACTE, les PER (plans d'épargne retraite) individuels ou collectifs permettent aujourd'hui de se constituer un complément de retraite sous la forme d'une rente viagère ou d'un capital. Ces dispositifs sont aussi communément appelés "contrats d'épargne retraite supplémentaire". Il existe, par ailleurs, une multitude de solutions pour préparer financièrement votre retraite tout au long de votre carrière.

Lire aussi : Plan épargne retraite (PER) : comment le maîtriser de A à Z ?